Le Père Louis Harivel

 

Loi des séries: trois décès, trois lettres en une semaine! Mais il faut encore prendre la plume reconnaissante tant il y a à remercier Dieu ensemble pour toutes les grâces reçues, pour toutes les vies données, surtout celle d'un prêtre.

Aujourd'hui, c'est le retour au Père de Louis HARIVEL. Il est décédé le dimanche soir 8 janvier, discrètement comme le fut toute sa vie... L'hôpital avait oublié de prévenir! Louis HARIVEL était né en 1913, et lui aussi à Mesnil-Clinchamps. A l'école, il est condisciple du Père LENORMAND et mine de rien premier de sa classe. Mais les études tournèrent court, il fallait gagner sa vie et pendant 10 ans, le jeune HARIVEL travailla de ses mains. Pendant cette période, mûrit un projet de vocation. Il entre alors dans un séminaire de vocations tardives de la Manche puis en 1938, à Bayeux. Il sera ordonné le 3 juin 1944. Il est nommé pour une courte année à Villers-sur-Mer. Son évêque connaissant ses racines et son enracinement le nomme curé du Gast. Il le sera jusqu'en 1962 date de sa nomination à Viessoix. Il y restera 26 ans. Tout son ministère dans le Bocage! Le Père HARIVEL n'a jamais souhaité autre chose: être et rester un curé de campagne... et dans le Bocage.

La personnalité du Père HARIVEL était atypique: naturel timide, réserve frisant l'extrême, propos menus, ne posant jamais de question, laissant l'équivoque sur sa pensée profonde. Mais sa tête légèrement penchée, son sourire préparaient une réponse courte, toujours mesurée, parfaitement ajustée; ce qui dénotait une intelligence fine et toujours bienveillante.

Dominaient avant tout chez lui sa gentillesse, son dévouement et sa bonté. Il ne savait rien refuser. Il s'accommodait de tout, il accommodait tout jusqu'à la limite des prescriptions canoniques et au détriment du style pastoral de ses confrères qui ne croyaient pas devoir tant concéder. Mais, autre trait: dites-lui blanc, dites-lui noir, rien n'y faisait, ce doux était un obstiné.

Sa bonté pastorale le portait, lui le timide, vers ses gens. Une grande part de son ministère se passait en visites: visite de ses paroisses: enfoncé dans son increvable 2 CV, par chemins montueux et malaisés, il allait vers les hameaux les plus reculés, rendre visite aux malades, aux personnes âgées et leur porter le Bon Dieu. Visites aux hôpitaux: les parkings de ces établissements devaient connaître sa 2 CV. Il arrivait dans les chambres des malades avec son sourire, s'asseyait à la dernière place, restait là un bon moment sans parler, somnolait parfois, mais ses gens le savaient là. Il repartait alors vers les familles dire présence, prière et sympathie. Combien de malades a-t-il pu visiter et réconcilier avec le Seigneur. Un prêtre de son doyenné avouait que lorsqu'il redoutait, près d'un malade, un accueil difficile, il lui restait le secours du Père HARIVEL. La simplicité nature et souriante passait toujours et le Seigneur avec lui.

En 1988, cardiaque, usé, Monseigneur lui demande de se reposer. Il ne lui dit pas: "oui". Mais "puisque vous me le dites!" Et il s'y plia, comme toujours, en gagnant la maison de Grentheville. Quelques mois après son entrée (on ne manqua pas de serviabilité devant sa gentillesse), il écrivait: "Je suis heureux ici, cependant je regrette d'être éloigné du Bocage et de ne pouvoir maintenant visiter les personnes âgées et les malades". C'est dire ainsi avec toute sa simplicité, et ce qu'il fit et ce qu'il fut toute sa vie.

La messe d'inhumation présidée par Mgr Gaucher a été concélébrée le vendredi 13 janvier à 15 heures en l'église de Grentheville. L'inhumation a suivi dans le cimetière de la maison du Sacré-Cœur.

E. Vallée

Le Père Louis HARIVEL est décédé le dimanche 8 Janvier 1995, et a été inhumé le vendredi 13 Janvier à GRENTHEVILLE. 

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